Etape - 04 - Le département

mardi 19 mai 2009
par François DART
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Le Département, une institution révolutionnaire

C’est en 1789, en pleine révolution, que Guillaume Thouret, député du Tiers-État et homme du Nord, a l’idée de découper administrativement le territoire français : c’est la naissance des départements.

Au nombre de 83, ils remplacent les provinces qui avaient été définies sous l’Ancien Régime. Les géographes Cassini père et fils sont alors chargés de redessiner la carte de France, de telle sorte que les départements aient tous une taille comparable et que leur chef-lieu puisse être atteint en une seule journée de cheval.

Chaque département sera constitué d’un chef-lieu, d’arrondissements et de cantons, et sera géré par un Conseil Général de 36 membres élus par les citoyens de l’époque. Le Conseil Général fait ses premiers pas…

La décentralisation du pouvoir

Initialement placé sous l’administration du Préfet, le département n’a que peu d’initiative. Son autonomie va progressivement s’accroître, en vertu de la Charte de l’administration départementale, promulguée en 1871.

Le changement le plus décisif intervient une centaine d’années plus tard, en 1982, avec la loi dite de décentralisation, ensuite complétée par différents textes législatifs. Dès lors, l’exécutif du Département est transféré du Préfet au Président du Conseil Général, et des compétences relevant jusqu’alors de l’État sont confiées à l’assemblée du Conseil Général.

Le département devient alors une collectivité territoriale complètement autonome, et d’importants moyens humains et financiers sont attribués au Conseil Général, devenu l’acteur principal de la vie départementale.

Le Conseil Général du Nord, cœur du département

Rénover des collèges, entretenir les routes départementales ou encore attribuer des prestations d’aides sociales, sont autant d’actes relevant des compétences du Conseil Général. En effet, de nombreux aspects de notre vie quotidienne sont aujourd’hui régis par les responsables départementaux. Réunis régulièrement en séance plénière dans l’hémicycle de l’Hôtel du Conseil Général, les 79 conseillers généraux du Nord définissent les principaux axes de la politique du département. En revanche, l’exécutif (le Président, son cabinet, les Vice-Présidents) et les directions administratives siègent à l’Hôtel du Département, situé rue Gustave Delory à Lille. Les agents départementaux assurent quant à eux la mise en œuvre des décisions sur le terrain, dans le cadre des services déconcentrés répartis sur l’ensemble du territoire.

L’histoire de l’Hôtel du Conseil Général du Nord

A la Révolution, Douai a tout d’abord été choisi comme chef-lieu du département du Nord. En 1803, le Préfet « déménage » à Lille, ancienne capitale de la province des Flandres. Il loge alors dans l’hôtel de Roquefeuille, rue Française (l’actuelle rue Négrier, dans le Vieux-Lille). Cependant, les locaux s’avèrent inadaptés et la Préfecture s’établit alors en 1826 dans un vaste bâtiment de la rue Royale (aujourd’hui l’immeuble de l’évêché). Dès 1860, avec le développement des attributions et des compétences administratives des Préfets, l’hôtel de la rue Royale devient trop exigu. En 1862, la municipalité lilloise offre un grand terrain, en dehors des anciens remparts, sur les parcelles encore libres qui séparent Lille de la commune de Wazemmes. Un Hôtel de la Préfecture digne de ce nom allait pouvoir naître. Un concours d’architectes est alors lancé et Charles Marteau le remporte en élaborant les plans du futur bâtiment.

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Le 15 août 1865, le Préfet Henri Wallon pose la première pierre du nouveau bâtiment sur la Place Napoléon III, à l’occasion de la fête de l’Empereur. Une boîte en plomb enfermée dans cette pierre contient le procès-verbal de l’opération et des pièces de monnaie de l’époque à l’effigie de l’Empereur. Tout au long des travaux, de nombreuses modifications sont apportées au projet. La construction s’échelonne sur plusieurs années et c’est en 1872, soit deux ans après la guerre de 1870, que l’Hôtel de la Préfecture est achevé et que le Conseil Général y siège pour la première fois. Mais en 1920, suite au développement croissant de l’administration départementale, le problème de l’exiguïté des locaux se pose à nouveau. C’est ainsi qu’en 1932 une partie des services du Conseil Général est annexée à l’angle du Boulevard de la Liberté et de la rue Baptiste Monnoyer.

Le palais de la place Napoléon III (aujourd’hui place de la République) reste le symbole du pouvoir départemental. Cet édifice fait face au Palais des Beaux-Arts, occupe tout un côté de la place de la République et compte près de 6 000 m² de bureaux. Il est composé d’un corps central, donnant sur la cour d’honneur et sur le parc par de majestueux perrons. Deux ailes abritent d’une part les bureaux du Conseil Général, d’autre part ceux du Préfet, ainsi qu’une superbe salle des fêtes. La décoration intérieure de la Préfecture est de style Napoléon III ; elle a été réalisée en majorité par des artistes régionaux à la manière de Charles Garnier (l’architecte de l’Opéra de Paris) et rend hommage aux hommes célèbres qui ont contribué à la grandeur de Lille.

L’hémicycle

L’hémicycle est en quelque sorte le cœur du Conseil Général et accueille les réunions de l’assemblée départementale. Douze armoiries sont peintes sur le plafond, dont celles des villes de Lille, Avesnes, Cambrai, Douai, Valenciennes et Hazebrouck, à l’époque chefs-lieux d’arrondissement (Hazebrouck n’en est plus un depuis 1926).

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Les 79 conseillers généraux du Nord siègent en cette salle sous l’œil du Baron Louis de Warenghien (1741-1824), qui fut le premier Président du Conseil Général du Nord, dont le portrait fait face à celui du Maréchal Villars (1653-1734) qui avait assuré le rattachement définitif de la Flandre en 1713 par la victoire de Denain, un an auparavant.


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